Le logement reste le premier poste de dépense des Français et de loin*

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Opinionway a présenté fin avril un baromètre intitulé « Les Français et leurs dépenses en matière de logement » pour le compte de Sofinco.

En raison de la campagne présidentielle, qui bien sûr dominait l’actualité, et ne faisant d’ailleurs que peu de référence aux questions du logement, les conclusions de ce sondage sont restées relativement confidentielles. Il nous paraît intéressant de revenir sur cette édition 2017 et vous restituer les principaux enseignements
Il ressort de cette enquête que le coût moyen du logement est de 631 euros par mois. Il s’agit du budget moyen consacré par les Français à leur logement (loyer hors charges ou remboursement d’emprunt). Cette moyenne masque d’importantes disparités. Ainsi les locataires du parc HLM consacrent une somme inférieure : 470 euros. Le parc HLM réserve ses logements à des personnes aux ressources modestes, il offre des tarifs décorrélés du prix de marché, c’est donc fort logiquement que ce montant est le plus faible des catégories présentées par l’enquête. A titre de comparaison, les locataires du parc privé consacrent eux 662 euros par mois pour se loger. Les propriétaires en cours d’acquisition dépensent 739 euros par mois, soit le montant le plus élevé de ces trois catégories « statutaires ». D’un point de vue géographique, les dépenses consenties pour se loger sont moins importantes en province qu’en région parisienne. Les premiers dépensent 607 euros par mois, contre 741 euros pour les seconds.
Pour appréhender au mieux la situation, il est intéressant de mesurer les dynamiques. Le coût moyen du logement (2017), pour rappel 631 euros par mois, est en recul de 30 euros par rapport à l’année précédente. Cet écart mesuré d’une année sur l’autre, représente une baisse de 4,5%. Ce qui n’est pas négligeable, car elle devrait permettre aux ménages français de reporter cette somme sur d’autres postes de dépenses.
Là encore dans le détail, les catégories peuvent connaitre des trajectoires différentes. Les locataires HLM subissent une hausse de +2 euros, et ceux du privé +14 euros, soit des hausses respectives de +0,4% et +2,16%. Les seules bénéficiaires sont en fait les propriétaires en cours d’acquisition qui voient le coût du logement baisser de 107 euros, soit -12,65% sur une année. Du point de vue géographique, les personnes en province économisent 23 euros (-3,65%) et celles en région parisienne 67 euros (-8,3%).
Pour revenir à l’agrégat moyen, le coût moyen de toutes ces catégories, si nous pouvons nous féliciter de le voir reculer par rapport à 2016, il convient tout de même de relativiser à la lumière de l’historique depuis 2012. Il semblerait que ce montant connaisse une évolution que l’on pourrait qualifier de sinusoïdale. Ainsi si cette année nous enregistrons une baisse de -4,5%, elle fait suite à une hausse de +5,2% (entre 2016 et 2015), « la plus forte hausse depuis la création des baromètres ». Cette baisse s’apparente donc à un rééquilibrage. Si on observe un peu plus en amont encore, l’année précédente présentait une baisse de -3%, qui faisait elle-même suite à une hausse de +2,6%.
Toujours est-il que si l’on prend le coût moyen de 2012, 620 euros, rapporté au coût moyen de 2017, 631 euros, nous mesurons une hausse de 11 euros. Cette hausse est égale à seulement +1,77% sur cinq ans. Au total bien que la période considérée se caractérise par des taux d’inflation très faibles, la hausse du coût du logement aura été légèrement inférieure à l’inflation.
Les sondés ont été également interrogés sur l’impact du budget logement sur leurs autres dépenses, à savoir : les vacances, les loisirs, l’alimentation, l’amélioration du logement et l’épargne. Pour l’ensemble (moyenne), la première réponse citée est la capacité d’épargne. Pour 60% des Français, l’effort de logement a donc un impact direct sur leur épargne. Pour la seule catégorie des locataires c’est même 79%, c’est la première réponse citée.
Les Français consacrent désormais en moyenne 23,2 % de leurs revenus pour se loger (-1,1 point par rapport à l’an passé ). Mais là encore, ce chiffre recouvre des disparités criantes. Le taux d’effort moyen des locataires (part du revenu consacré au loyer) est de 36 %, contre 16 % pour les propriétaires. Ce taux, bien qu’en baisse demeure élevé et pèse sur les capacités d’épargne et/ou de consommation des ménages. Un constat partagé par les ménages français qui sont « 39 % à trouver que leur budget logement est trop important par rapport à leurs revenus ». Il existe une corrélation importante entre épargne et coût du logement. Nous verrons dans les prochains mois, à la lecture des flux d’épargne, si l’économie enregistrée bénéficie à l’épargne, ou si elle se reporte davantage sur d’autres postes. La seconde réponse citée à cette question étant « les vacances », nous y verrons peut-être déjà une indication cet été.

*Source : Le Cercle des Epargnants